LIVRE D’OR

 

 

 

 

Through his personal example, Rouch established the metier of ethnographic filmmaking as a creative activity of potentially broad horizons whose practitioners could engage in a lively exchange of ideas and practices with filmmakers from many other backgrounds and with very different agendas. Moreover, he proved that it was not necessary for anthropologists to rely on professional technicians to help them make films. Instead, they themselves could use a camera, not as some sort of scientific instrument for gathering data, but as a means of representation that could go far beyond the mere observation of social and cultural life, and could even embrace fiction.

 

Prior to Rouch, certain eminent anthropologists – such as Margaret Mead and Gregory Bateson or Rouch’s own mentor, Marcel Griaule – had made films. But these were very limited in number and were peripheral to the main body of their work and to their identities as anthropologists. Among Rouch’s contemporaries, there were a number of ethnographic filmmakers, such as John Marshall and Robert Gardner, who had some engagement with academic anthropology but who then developed their careers largely outside the academic world. But Rouch was unique in that, having studied anthropology to the doctoral level, he held an academic post throughout his career and made filmmaking central to his professional identity as an anthropologist. This was something that no leading anthropologist had done before, nor, for that matter, has any been able to do so since, either in France or in the English-speaking world, at least not to anything like the same degree.

 

Paul Henley

8 March 2017

 

 

 

 

Grâce à sa propre expérience, Rouch a inventé le métier de cinéaste-ethnographe comme une activité créant de vastes horizons pour ceux qui la pratiquaient, qui pouvaient alors échanger des idées et des techniques avec des cinéastes venus de tous milieux et animés par différentes choses. En outre, il a prouvé qu’il n’était pas nécessaire pour les anthropologues de s’appuyer sur des techniciens professionnels pour les aider à faire des films. Au lieu de cela, ils pouvaient eux-mêmes utiliser une caméra, non comme une sorte d’instrument scientifique pour recueillir des données, mais comme un moyen de représentation qui pourrait aller bien au-delà de la simple observation de la vie sociale et culturelle et pourrait même embrasser la fiction.

 

Avant Rouch, certains anthropologues éminents – comme Margaret Mead et Gregory Bateson ou le mentor de Rouch, Marcel Griaule – avaient fait des films. Mais ceux-ci étaient très limités en nombre et étaient en périphérie du corps principal de leur travail et de leur identité d’anthropologues. Parmi les contemporains de Rouch, il y avait un certain nombre de cinéastes-ethnographes, tels que John Marshall et Robert Gardner, qui avaient un certain engagement avec l’anthropologie universitaire, mais qui ont ensuite développé en grande partie leur carrière en dehors du monde universitaire. Rouch était unique en ceci qu’après avoir étudié l’anthropologie au niveau doctoral, il a occupé un poste académique tout au long de sa carrière et a fait du cinéma un élément central de son identité professionnelle d’anthropologue. C’était quelque chose qu’aucun anthropologue de premier plan n’avait fait auparavant, ni, d’ailleurs, n’a fait depuis, que ce soit en France ou dans le monde anglophone, du moins pas du tout au même degré.

 

 

Paul Henley

8 mars 2017

 

  

 

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