LIVRE D’OR

 

 

 

 

     Jean-Rouch m’a propulsé dans le cinéma alors que je balbutiais avec ma caméra super 8mm au sein des grèves ouvrières et paysannes en Bretagne. Films qu’il considérait d’ailleurs avec beaucoup d’intérêt.
Jean faisait sien le mot de Dziga Vertov « Nous produisons des films qui produisent des films. » C’était sa seule pédagogie : réaliser des films qui m’enchantaient, m’envoutaient et qui m’ont poussé à faire  mes propres films. Jean nous présentait ses propres films et ceux de ses  compagnons, tous exaltants, qui m’ incitaient à me lancer moi-même.

Et Jean dans la cabine de projection du Comité du Film Ethnographique au musée de l’Homme sous le regard amusé de la secrétaire François Foucault découvrait mes rushes, mes esquisses de montage et il m’encourageait à  aller de l’avant à opérer en toute liberté.  Jamais de « il faut… », de « tu dois… ». Jean écoutait, regardait, respectait les propositions de tous les doctorants et confiant dans les capacités créatrices de chacun il proposait une seule  belle perspective « deviens qui tu es ! ».

La seule choses que Jean exigeait à juste titre c’était de filmer sans tripode, en mouvement et continuité, pour accéder à la ciné-transe. Je parle actuellement de Ciné-Danse moi qui perpétue l’enseignement des techniques corporelles d’opérateur qu’il avait imaginées, définies, structurées avec madame Maria Mallet.

 

 

Jean-Louis Le Tacon

Décembre 2016

 

  

 

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