LIVRE D’OR

 

 

 

Ma première rencontre avec Jean Rouch

 

 

     C’est en 1984, à l’Université Paris 1 Sorbonne, que j’ai eu le plaisir de rencontrer Jean Rouch pour la première fois. Venu d’Alger,  présenter mes travaux de DEA Cinéma, parmi lesquels mon projet de recherche pour le doctorat, j’attendais dans le couloir avec d’autres étudiants. Un Monsieur sort de la salle où les professeurs étaient réunis, « C’est qui Hadjadj Belkacem ? », je me lève, il vient vers moi avec un grand sourire, me donne un « gentil coup de poing au ventre » et me glisse « c’est moi qui vais diriger votre thèse ! » et il s’éloigne. « Toi au moins, te voilà fixé ! » me lance l’étudiant assis à côté de moi. A mon regard étonné et interrogateur, il précise « c’est Jean Rouch, c’est donc que ton projet de recherche est accepté ! ». Je connaissais Jean Rouch de réputation et bien que je l’avais déjà vu sur des photos, je ne l’avais pas reconnu sous le coup de la surprise et de l’émotion. Autour du sujet « tradition orale et images en Algérie » commença alors une relation extraordinaire qui allait bien au-delà de celle de l’étudiant et de son Directeur de thèse. Relation faite de travail qui devenait avec lui un plaisir, d’échange et de complicité, baignant dans un océan d’humanisme. A chaque rencontre avec lui, je repartais plus heureux et plus intelligent.

 

Belkacem Hadjadj

24 décembre 2016

 

  

 

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